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N°082

Cour de terre battue

Une architecture de pisé où chaque strate de mur porte la mémoire du sol dont elle est issue.

Cour intérieure encadrée de hauts murs en pisé aux strates horizontales visibles, sol en briques, deux portes en bois brut avec ferrures sombres, une arche creusée dans le mur de droite, lumière oblique de fin de journée, ciel légèrement voilé.

La cour s’ouvre comme une respiration dans la masse compacte du bâtiment. Les murs de pisé, couleur ocre et sable, révèlent en surface les strates successives du damage : chaque bande horizontale est une couche de temps figée dans la matière. Il n’y a ici ni enduit lissé, ni peinture — la texture brute du mur est l’architecture elle-même.

La leçon du sol

Ce qui frappe, c’est l’unité de la palette. Le dallage de briques, les portes en bois blond à ferrures forgées, les murs de terre : tout participe d’un même registre chromatique, étroit, presque monochrome. La lumière rasante de fin de journée accentue le relief des strates et projette une ombre franche sur le sol, découpant l’espace avec la précision d’un cadran solaire.

L’arche et le seuil

Sur le mur de droite, une arche creusée à même la masse offre une niche sans destination évidente — ni fenêtre, ni passage. Elle est là pour le vide qu’elle contient. Les deux portes en bois, l’une close, l’autre entrouverte sur l’obscurité intérieure, posent la question du dedans et du dehors sans jamais y répondre tout à fait.

Construire en terre, c’est accepter que le bâtiment soit déjà en train de retourner au sol.

Publié le 21 juin 2026