La grange divisée
Une structure agricole réinterprétée par la rencontre de deux matières que le temps traite différemment.
La structure se tient droite dans la prairie, sans artifice. Le toit à deux pans suit la géométrie la plus simple qui soit : une ligne de faîtage, deux versants égaux, une silhouette que l’œil reconnaît avant de l’analyser. C’est cette familiarité que le projet choisit de travailler plutôt que d’abolir.
La ligne de partage
La façade est coupée en deux, verticalement, comme tracée au cordeau. À gauche, le bois de récupération — gris argenté, strié, chargé de cycles gel-dégel et de soleil. À droite, le métal ondulé, plus clair, plus froid, industriel dans son grain. Les deux matières se font face sans hiérarchie. Cette division n’est pas un caprice formel : elle dit quelque chose sur la durée, sur ce que l’on conserve et ce que l’on greffe.
Légèreté de l’implantation
Les grandes portes coulissantes à croisillons reprennent le vocabulaire de la construction vernaculaire. L’arbre jeune planté au pied du mur métal introduit une troisième temporalité, végétale. La prairie s’étend sans clôture visible, les rochers affleurent comme des vestiges.
Conserver, c’est aussi choisir ce que l’on laisse vieillir seul.