La maison aux lames
Un volume en pignon habillé de bois clair s'insère dans le tissu urbain dense sans se soumettre à ses règles.
Entre deux immeubles d’enduit gris, le bâtiment surgit comme une anomalie douce. Sa façade entièrement composée de lames verticales en bois clair impose une rythmique serrée, presque textile, qui absorbe la lumière diffuse d’un ciel couvert et la restitue en surface tiède. La silhouette en pignon, archaïque dans sa géométrie, contredit sans agressivité le vocabulaire contemporain de ses voisins.
Une peau continue
Les lames ne sont pas un habillage : elles constituent la façade elle-même. Elles filtrent, découpent, organisent. Les ouvertures — larges vitrages au rez-de-chaussée, fenêtres carrées aux étages — se creusent dans cette trame sans la rompre. La végétation qui déborde çà et là des balcons intégrés introduit une irrégularité vivante, un désordre maîtrisé dans la rigueur du système.
L’urban grain
Appartenir à la rue sans lui ressembler.
Le projet négocie son insertion à l’échelle du parcellaire étroit. Il reprend la hauteur et l’alignement du contexte, mais oppose à la matière minérale dominante une chaleur organique. Le bois vieillit, se patine, s’intègre autrement — dans le temps, plutôt que dans la forme.