Résidence dans l'aridité
Deux volumes bas tendus vers le désert, tenus par une ossature d'acier oxydé qui répond à la couleur des collines.
La maison s’étire à l’horizontale, parallèle au sol, comme si la hauteur était une concession refusée au paysage. Deux pavillons rectangulaires, séparés par un passage à ciel ouvert, tiennent le terrain sans le dominer. L’ossature en acier Corten — brun, presque rouillé — reprend la teinte des collines à l’horizon : le bâti s’accorde au minéral avant même que l’on entre.
Structure et transparence
Les toits débordent largement au-delà des façades, créant une zone d’ombre qui tamise la lumière crue du désert avant qu’elle ne pénètre à l’intérieur. Les montants métalliques sombres découpent les baies vitrées pleine hauteur en cadrages réguliers : la végétation aride, les pierres, le ciel pâle deviennent des plans successifs que l’on lit depuis l’intérieur comme autant de vues composées.
Sol et seuil
Il n’existe pas de limite franche entre le dehors et le dedans. Le sable clair, les touffes d’herbe xérophyte, les cactus s’approchent jusqu’au bord des vitres sans haie, sans clôture, sans aménagement intermédiaire.
L’architecture du désert n’apprivoise pas le paysage — elle apprend à s’y tenir tranquille.
La sobriété du détail constructif — acier, verre, dalle basse — place toute l’attention sur ce qui existait avant : la lumière rasante, la poussière, le silence.