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N°119

Les volumes de terre cuite

Deux masses d'enduit, ocre et terracotta, s'assemblent comme des strates sédimentaires prélevées dans le sol.

Deux volumes de béton enduit orthogonaux, l'un ocre doré et l'autre terracotta, se superposent en décalé. De rares ouvertures verticales encadrées de turquoise percent les parois. Végétation et ciel nuageux apparaissent dans les interstices.

Les deux volumes ne semblent pas posés l’un sur l’autre — ils semblent extraits du même gisement. L’enduit ocre et l’enduit terracotta diffèrent en teinte mais partagent une même logique : celle de la matière brute, exposée au temps, dont la surface porte des traces de ruissellement, d’oxydation, de vieillissement lent. Ici, la patine n’est pas un défaut. Elle est l’argument.

Décalage et tension

Les masses sont franchement orthogonales, mais leur assemblage crée une dissymétrie calculée. Un volume avance, l’autre recule. Le décalage ménage des interstices où la végétation s’infiltre, où le ciel entre. Ce n’est pas un dialogue entre architecture et nature — c’est une coexistence sans concession.

La couleur n’est pas appliquée : elle est la matière même, révélée.

Ouvertures réticentes

Les fenêtres sont étroites, presque des meurtrières. Leurs cadres turquoise tranchent avec la chaleur de l’enduit — un seul écart chromatique, délibéré, qui souligne par contraste l’austérité des facades. La lumière n’entre pas librement : elle est filtrée, choisie, orientée. L’intérieur reste protégé, dense, concentré sur lui-même.

Publié le 28 juillet 2026