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N°128

Maison du cap aride

Un assemblage de béton brut, de bois vieilli et d'acier corten face à la mer, où chaque matériau dit sa propre durée.

Façade en béton banché et lattes de bois grisé, avec deux toits-dalles en porte-à-faux recouverts d'acier corten rouille, des colonnes en bois debout sous un auvent ouvert côté mer ; au premier plan, touffes de graminées sèches et arbustes bas sur sol sableux aride.

La maison ne cherche pas à s’imposer sur le cap. Elle s’y dépose — volumes bas, masses denses — comme si le sol lui-même avait décidé de la forme. Le béton banché conserve les traces du coffrage bois : stries horizontales, légères variations de teinte, la mémoire du chantier restée dans la matière. Par-dessus, les dalles en acier corten débordent en porte-à-faux, leur rouille sèche accordée aux terres ocres et aux graminées.

Trois matières, une seule logique

Béton, bois vieilli, acier oxydé : aucun des trois matériaux n’est traité, aucun ne cherche à paraître neuf. Ils vieillissent ensemble, sous le sel et le soleil, selon le même protocole. Les colonnes en bois debout rythment l’auvent côté mer, laissant passer une lumière filtrée, dense à mi-journée, oblique en fin d’après-midi. L’ombre portée du porte-à-faux trace une diagonale nette sur le mur — seule ligne dessinée sur la façade.

Ouverture vers l’horizon

Ouvrir, ici, ce n’est pas percer : c’est retrancher un volume, laisser l’air traverser.

L’auvent crée un espace intermédiaire entre la maison et la mer — ni dedans ni dehors, un seuil permanent. La végétation rase, non plantée, simplement maintenue, achève de fondre la construction dans le cap aride qui l’accueille.

Publié le 6 août 2026