Refuge entre les épicéas
Deux volumes bas s'installent dans la forêt de conifères sans en altérer le sol ni la lumière diffuse.
Le projet se divise en deux corps distincts que rien ne joint formellement : un volume central habillé d’un bardage bois vertical, patiné jusqu’au gris argenté, encadré par deux ailes en béton brut dont la teinte rejoint presque celle des troncs. La toiture reste plate, effacée derrière la ligne des cimes. Un conduit cylindrique seul marque la verticalité, sobre réponse à la hauteur des épicéas alentour.
La matière au fil du temps
Le bois n’a pas été traité pour durer tel quel : il a été laissé vieillir. Sa surface poreuse absorbe l’humidité nordique, se couvre de lichens par endroits, s’aligne chromatiquement sur la pierre et l’écorce. Le béton, lui, reste froid, minéral, impassible — un socle ancré dans le rocher affleurant.
Rapport au sol
Le premier plan n’a pas été modelé. Mousse, brindilles, rochers épars : le terrain naturel arrive jusqu’aux seuils sans transition. Les baies vitrées, rares et précises, s’ouvrent latéralement sur la forêt plutôt que de la cadrer frontalement.
Habiter ici, c’est accepter que la forêt reste l’architecte principale du lieu.