Maison creuse dans la prairie
Excavée dans la terre, cette structure se soustrait au regard et restitue au paysage sa continuité.
La terre est ici le matériau premier. Pas un site sur lequel bâtir, mais une matière à creuser, à écarter, à retenir. Le projet s’enfonce dans la prairie sans en interrompre le mouvement : vu de loin, le paysage reste intact, la colline continue.
Archéologie du présent
L’excavation révèle la stratigraphie du sol — argile ocre, couche de terre brune, herbe rase. Les murs de pierres sèches reprennent ce que le lieu contenait déjà : des cailloux ramassés à même le terrain, maçonnés à la main sans liant. Le bois brut des montants et de la façade dialogue avec cette palette de matières non transformées. La toiture plane en béton affleure le niveau du sol comme un couvercle discret, presque invisible depuis la crête.
L’intérieur comme abri primitif
Construire sous la terre, c’est rappeler que l’architecture précède les murs.
L’espace intérieur est une grotte réinterprétée : protégé du vent, tempéré par l’inertie thermique du sol environnant, éclairé par une unique ouverture en façade orientée vers le ciel nuageux. La lumière y entre oblique, rasante, changeante. L’atmosphère est celle d’un refuge ancien — calme, concentré, indifférent à l’urgence.