La maison taillée dans la masse
Une structure extraite de la roche elle-même, où la limite entre le bâti et la géologie devient illisible.
La roche n’est pas ici un support : elle est le matériau même de l’habitation. Les volumes émergent par soustraction, comme si la main de l’architecte avait retiré de la matière plutôt qu’en avoir ajouté. Blocs massifs, arêtes vives par endroits et érodées par d’autres, strates ocres et grises alternant selon les veines naturelles — le bâti ne se distingue de la géologie que par ses seuils et ses degrés.
Géométrie de la taille
Les escaliers sont taillés dans la continuité du rocher. Chaque marche est aussi une lecture de la coupe géologique. L’arc creusé en façade basse répond à la découpe rectangulaire des fenêtres supérieures : deux logiques de percement, deux temporalités peut-être, coexistant sans contradiction. La hiérarchie des niveaux s’établit par la masse, non par la hauteur.
Lumière contenue
Le ciel uniformément couvert dissout toute ombre portée. La pierre reçoit la lumière en surface, sans éclat. Cette qualité diffuse révèle la texture du grain, les marques d’outils, les variations minérales. L’intérieur, entrevu derrière les ouvertures sombres, reste opaque — une profondeur qui résiste au regard et préserve l’épaisseur du mur comme donnée fondamentale du projet.