Brique, béton, bois
Un immeuble urbain compose ses façades par strates de matières — brique dorée, béton banché, bois vieillissant — sans chercher l'unité formelle.
La façade se lit comme une stratigraphie. En bas, le béton brut tient le sol, rugueux et massif, percé d’une seule porte sombre. Au-dessus, la brique prend le relai — format allongé, teinte miel — et donne au volume une chaleur mesurée, presque médiévale dans sa répétition. Plus haut encore, le bois: des lames verticales grises de pluie et d’oxydation, posées en saillie sur des boîtes de balcon qui débordent légèrement dans la rue.
Trois couches, une seule logique
Rien ici ne cherche la cohérence décorative. Chaque matériau répond à une contrainte structurelle ou thermique, et leur superposition produit une façade dense, lisible, honnête. Le projet assume la ville dense, la parcelle étroite, la mitoyenneté.
Construire en tissu urbain existant, c’est accepter d’être incomplet.
Patine et usage
Les traces du quotidien — linge séchant sur une balustrade, vélos appuyés contre le soubassement, végétation spontanée dans un bac — ne dénaturent pas le projet : elles le complètent. Le bois grisonne, le béton se tache, la brique absorbe la lumière rasante de l’automne. Le bâtiment vieillit avec ses occupants.