La maison enfouie sous les pins
Une demeure en béton brut qui s'enfonce dans la pente plutôt qu'elle ne s'y pose, laissant la végétation reprendre ce que l'architecture cède.
La maison ne cherche pas à dominer la colline. Elle s’y inscrit en retrait, niveau après niveau, comme si chaque plateau de béton avait été découpé dans la masse du sol plutôt qu’érigé à sa surface. La végétation — graminées hautes, cyprès sombres, palmiers compacts — colonise les interstices entre les niveaux, estompant la limite entre construction et terrain naturel.
Béton et matière vivante
Le béton brut dicte la tonalité de l’ensemble : gris froid, à grain serré, teinté par l’humidité d’un ciel couvert. Contre cette minéralité dense, des lames de bois apparaissent en façade, signalant les espaces intérieurs sans rompre le calme général. Le passage enterré au premier plan — étroit couloir aux parois verticales — révèle la logique du projet : la maison se traverse autant par le dessous que par le dessus.
Le paysage comme programme
Les terrasses ne sont pas des belvédères. Elles sont des épaisseurs habitables enchâssées dans la pente, protégées par la canopée de pins qui ferme la composition vers le ciel. La lumière, diffuse et sans ombre portée, efface les contrastes et donne à l’ensemble une présence sourde, presque géologique.
Construire dans la pente, c’est accepter que le terrain ait toujours le dernier mot.