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N°178

La maison enfouie sous les pins

Une demeure en béton brut qui s'enfonce dans la pente plutôt qu'elle ne s'y pose, laissant la végétation reprendre ce que l'architecture cède.

Maison en béton brut étagée sur une pente boisée, avec terrasses horizontales superposées, végétation dense entre les niveaux et couloir encaissé au premier plan.

La maison ne cherche pas à dominer la colline. Elle s’y inscrit en retrait, niveau après niveau, comme si chaque plateau de béton avait été découpé dans la masse du sol plutôt qu’érigé à sa surface. La végétation — graminées hautes, cyprès sombres, palmiers compacts — colonise les interstices entre les niveaux, estompant la limite entre construction et terrain naturel.

Béton et matière vivante

Le béton brut dicte la tonalité de l’ensemble : gris froid, à grain serré, teinté par l’humidité d’un ciel couvert. Contre cette minéralité dense, des lames de bois apparaissent en façade, signalant les espaces intérieurs sans rompre le calme général. Le passage enterré au premier plan — étroit couloir aux parois verticales — révèle la logique du projet : la maison se traverse autant par le dessous que par le dessus.

Le paysage comme programme

Les terrasses ne sont pas des belvédères. Elles sont des épaisseurs habitables enchâssées dans la pente, protégées par la canopée de pins qui ferme la composition vers le ciel. La lumière, diffuse et sans ombre portée, efface les contrastes et donne à l’ensemble une présence sourde, presque géologique.

Construire dans la pente, c’est accepter que le terrain ait toujours le dernier mot.

Publié le 25 septembre 2026