Aller au contenu
101HOME
N°199

Pavillon des Marges

Une masse de béton aux arêtes dissoutes s'élève au-dessus d'un sol aride, entre désert et mer, comme un objet oublié d'une autre ère.

Structure en béton brut aux formes arrondies et organiques, surélevée sur des piliers arqués, posée dans un paysage désertique face à la mer sous une lumière de crépuscule.

La structure ne touche presque pas le sol. Elle repose sur quatre piliers en arc qui absorbent sa masse et la redistribuent en légèreté, comme si le béton avait appris à flotter. Le volume principal s’organise en croix, chaque bras percé de larges vitres aux cadres arrondis — ni fenêtres rectangulaires, ni hublots marins, mais quelque chose entre les deux.

Béton organique

Les angles ont disparu. Toutes les arêtes sont adoucies, érodées par le dessin autant que par le temps. Le béton porte une patine ocre-brun, teintée par la poussière du paysage environnant. Au sommet, une excroissance verticale nervurée se dresse comme une colonne stylisée — vestige d’une grammaire décorative que le reste de la structure a presque abandonnée.

Une architecture qui ressemble à ce qu’elle a traversé.

Paysage et silence

Le sol est plat, minéral, presque sans végétation. La mer apparaît à l’horizon, d’un bleu-vert pâle sous un ciel de fin de journée. Entre la terre et l’eau, le bâtiment occupe seul le cadre — ni village, ni route visible. Cette solitude n’est pas un accident : elle est la condition même du projet, qui ne dialogue qu’avec l’horizon.

Publié le 16 octobre 2026