Les panneaux penchés
Deux plaques de pierre veinée s'inclinent contre la façade blanche comme des stèles appuyées au soleil.
Le projet s’impose par contraste : la masse blanche, lisse et opaque, sert de fond à deux grands panneaux de pierre veinée qui s’y appuient en diagonale. Leur inclinaison n’est ni aléatoire ni décorative — elle organise la façade comme une composition graphique, introduit le mouvement dans la stabilité. La veine brun-taupe de la pierre, parcourue de stries obliques, dialogue avec la géométrie des volumes sans s’y soumettre.
Matière contre matière
La blancheur de l’enduit est totale, presque minérale. Elle absorbe la lumière méditerranéenne sans la renvoyer. La pierre, elle, la capte différemment : ses veines semblent s’animer selon l’heure. Un panneau est de pierre naturelle massive, l’autre de béton brut légèrement teinté — deux textures proches mais distinctes, posées l’une contre l’autre comme des citations du même langage géologique.
Ce qui semble instable est ce qui tient.
Rapport au lieu
La mer apparaît en retrait, décadrée, presque oubliée. Ce n’est pas un projet qui se retourne vers la vue — il regarde en lui-même. Le sol dallé, les jardinières taillées au cordeau, la végétation contenue : tout maintient une rigueur qui refuse l’anecdote. L’architecture n’emprunte rien au pittoresque côtier. Elle le traverse, indifférente.