La dalle et la pierre
Un portique en béton brut se dresse contre un mur de pierre sèche, inscrivant la nouvelle construction dans une ancienne mémoire du sol.
Le béton est coulé avec une économie de moyens radicale : des piliers carrés, une dalle, rien de superflu. La lumière du soleil, basse et précise, sculpte chaque arête, chaque retrait entre les colonnes. Les ombres portées sur le sol pavé rappellent la géométrie d’une ruine antique — non par citation, mais par la même logique de poids et d’ombre.
Deux matières, un dialogue
À droite, le mur de pierre sèche appareillée à la main répond sans se soumettre. Les deux matières — béton lisse, pierre brute — coexistent sans hiérarchie. L’une est coulée en une fois, l’autre assemblée pierre à pierre. Ensemble, elles dessinent une continuité temporelle : le site comme archive stratifiée.
Bâtir, ici, c’est reconnaître ce qui précède.
Structure ouverte
La construction refuse la clôture. Les travées entre les piliers restent ouvertes au vent et à la lumière. En arrière-plan, une seconde dalle flotte au-dessus du sol aride, prolongeant le dispositif vers l’horizon. Le projet se lit comme une infrastructure plutôt qu’une maison — une architecture de seuils, d’ombre et de passage.