La Vigie
Un volume domestique adossé à un phare de béton, suspendu entre falaise et horizon marin.
Le projet ne s’explique pas par un programme ordinaire. Il s’est formé autour d’une contrainte héritée : un phare cylindrique de béton, dressé au bord du vide, que nulle raison ne commandait de démolir. Le nouveau volume habitable s’y est adossé comme une excroissance logique — même matière, même griseur, même mutisme face à la mer.
La masse comme ancrage
Le cube de pierre grise s’impose sans chercher à séduire. Son parement régulier rappelle les appareillages des ouvrages maritimes anciens. Les ouvertures sont comptées : une large baie vitrée côté tour, quelques fentes rectangulaires sur les flancs. Rien n’est là pour capter la lumière de façon spectaculaire — tout est là pour résister.
Habiter ici, c’est accepter que le paysage soit plus fort que soi.
Lumière diffuse, horizon constant
Sous ce ciel couvert, la lumière ne sculpte pas — elle enveloppe. Les facades de pierre et de béton absorbent cette clarté plate et la restituent sans éclat. Le sol rocheux, la végétation rase, la falaise ocre : autant d’éléments que l’architecture intègre sans les corriger. L’ensemble forme un bloc continu, frontal, tourné vers l’eau.