Aller au contenu
101HOME
N°034

La Machine au bord du rivage

Un monolithe de béton brut suspendu sur pilotis face à la mer, dont les volumes arrondis évoquent davantage la mécanique que l'habitat.

Bâtiment brutaliste en béton brut aux angles arrondis, porté sur des pilotis cannelés, avec de larges baies vitrées rectangulaires aux coins adoucis, posé sur un terrain pierreux et aride face à la mer.

Le projet se dresse sur un terrain vague au bord du rivage comme un objet trouvé, étranger à son sol. Ses volumes empilés — modules horizontaux aux angles soigneusement adoucis — ne cherchent pas à s’intégrer : ils affirment, ils occupent, ils déclarent. Le béton brut porte les traces du coffrage strié des pilotis, la rugosité des siècles déjà inscrite dans la matière neuve.

Suspension et masse

La structure repose sur une forêt de poteaux cannelés qui soulèvent les volumes principaux hors du sol. Ce choix n’est pas technique : il est spatial. Le regard passe dessous, traverse, aperçoit la mer au loin. La pesanteur du béton est contredite par le vide qu’il ménage.

Quand la matière refuse de toucher la terre, elle devient monument.

Lumière réfléchie

Les grandes baies vitrées aux angles en quart-de-rond captent le ciel et la lumière rasante du soir. Depuis l’extérieur, elles ne révèlent rien de l’intérieur — elles réfléchissent le paysage aride, les grues au loin, l’horizon marin. Le bâtiment regarde sans se laisser regarder.

Publié le 4 mai 2026