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N°045

L'escalier comme manifeste

Un volume institutionnel en béton strié, traversé par un escalier extérieur vert chartreuse qui en recompose toute la lecture.

Façade d'un bâtiment en béton à lames horizontales, avec un escalier extérieur en zigzag peint en vert chartreuse, végétation arbustive au premier plan, ciel bleu vif.

La façade avance une grille régulière, presque austère : des lames de béton horizontales empilées sur plusieurs niveaux, filtrantes, qui absorbent la lumière directe sans la bloquer tout à fait. Le bâtiment semble d’abord vouloir se replier sur lui-même, discipliné, fermé au bruit du dehors.

L’incision chartreuse

C’est le escalier qui tranche. Son tracé en zigzag, peint d’un vert acide et tendu, découpe la façade comme une signature portée à l’extérieur. La couleur n’est pas une concession décorative : elle est un acte. Elle désigne le mouvement, rend visible ce qui est ordinairement dissimulé — la circulation, le corps en déplacement, l’effort de monter.

La couleur n’est pas un ornement ; c’est une direction.

Béton, végétal, lumière

Au pied du bâtiment, la végétation arbustive s’impose sans effort. Ses feuilles tirent vers le même registre chromatique que l’escalier — comme si le projet avait voulu établir une continuité entre le vivant et le construit. Sous la lumière rasante, le béton alvéolé révèle son grain et sa profondeur. L’ombre des lames tombe en strates précises sur le verre. L’édifice joue de contrastes assumés : masse et légèreté, neutralité et éclat, clôture et mouvement.

Publié le 15 mai 2026