La Grange Carbonisée
Un volume rural traité au feu, posé dans la prairie comme s'il avait toujours été là.
La maison ne cherche pas à surprendre. Sa silhouette — deux pans symétriques, faîtage haut, masse basse — rappelle immédiatement la grange agricole. C’est une référence assumée, non une imitation : la forme vernaculaire est ici purifiée, dépouillée de tout ornement, ramenée à son essence géométrique.
Le bois et le feu
L’ensemble des façades est recouvert d’un bardage traité par carbonisation. La surface noire, presque mate, absorbe la lumière plutôt qu’elle ne la réfléchit. Le grain du bois demeure lisible sous le charbon — une texture vivante dans une teinte funèbre. Seule la porte d’entrée tranche : un panneau de bois naturel, chaud et rougeâtre, signal discret d’une présence habitée.
Prairie et horizon
Le bâtiment s’installe au ras du sol, sans soubassement visible. L’allée de gravier blanc trace un seuil minimal entre la végétation libre et l’architecture. La prairie fleurie n’est pas domestiquée ; elle avance jusqu’au bord du mur. Le vitrage en pignon capte la lumière rasante du ciel pâle et laisse deviner l’intérieur sans le révéler.
Le noir absorbe le paysage autant qu’il s’y fond.