Capsules dans la forêt boréale
Des coques blanches laquées s'empilent en spirale au cœur d'une forêt enneigée, opposant leur rondeur organique à la verticalité sombre des conifères.
Dans la clairière, la structure surgit comme un objet trouvé : trois coques immaculées, laquées, arrondies aux extrémités, empilées en léger décalage l’une sur l’autre. La neige recouvre le sol jusqu’au socle bas et circulaire. Les épicéas, droits et sombres, encadrent la composition sans la toucher.
Forme et matière
Le blanc brillant de l’enveloppe est total, presque photographique. Il capte la lumière diffuse du ciel couvert et la restitue comme une surface de porcelaine industrielle. Aucun angle vif, aucune arête — la géométrie refuse la rectitude. Une seule ouverture, oblongue aux coins arrondis, perce la coque médiane et laisse apparaître un intérieur en bois clair, baigné d’une lumière ambrée. Ce contraste — dehors froid, dedans chaud — est la seule tension du projet.
Verticalité et échelle
Un conduit cylindrique en métal brossé s’élève depuis le volume supérieur, seul élément technique visible. Il ancre discrètement la composition dans sa réalité construite.
Habiter la forêt sans imiter l’arbre : lui répondre par l’inverse.
L’échelle reste domestique. La structure n’écrase pas la clairière — elle l’occupe avec une certaine légèreté étrange, comme posée là par inadvertance.