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N°201

Vigie au bord du monde

Sur une avancée rocheuse battue par les vagues, une construction de béton et de pierre érige sa tour vers le ciel gris comme une présence ancienne.

Construction en béton brut et moellons de pierre sur un promontoire rocheux au bord de la mer, composée de volumes horizontaux bas et d'une tour cylindrique surmontée d'un dôme métallique argenté, avec des falaises et une mer agitée en arrière-plan.

Le projet ne cherche pas à s’intégrer au paysage — il s’y confronte. Posé sur un promontoire battu par les vagues, l’édifice compose une silhouette austère : des volumes de béton banché s’étagent en paliers successifs, ancrés dans la roche par des assises de moellons bruts. La tour cylindrique qui couronne l’ensemble, coiffée d’un dôme métallique argenté, n’évoque aucune nostalgie — elle affirme une verticalité fonctionnelle, un point fixe dans l’instabilité du site.

Béton et pierre

Deux matières dialoguent dans une même gamme de gris. Le béton, lisse et coulé, reçoit les traces du temps — les ruissellements sombres sur les façades témoignent d’une exposition prolongée aux embruns. La pierre, taillée et assemblée en parements épais, rappelle que le sol est ici minéral, ancien, intransigeant. Les larges baies vitrées s’ouvrent à fleur de mur, sans débord ni saillie, captant l’horizon sans le commenter.

Rapport à l’élémentaire

Les escaliers de béton découpent la pente avec précision, reliant les terrasses aux niveaux inférieurs dans une géographie artificielle qui prolonge la topographie naturelle. Autour, la végétation rase et dorée du premier plan contraste avec la violence de la mer en contrebas.

Construire au bord du vide, c’est accepter que le paysage soit toujours plus grand que l’architecture.

Publié le 18 octobre 2026