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N°202

Volumes suspendus sur piliers courbes

Deux masses de béton et de brique défient la gravité sur des fûts sculptés, suspendus entre ciel et terre dans un quartier en déshérence.

Deux volumes d'habitation brutalistes en béton brut et brique rouge, portés par des piliers courbes massifs, photographiés de face dans un environnement urbain dégradé sous un ciel voilé.

Les deux volumes flottent. Non pas par légèreté, mais par une décision structurelle radicale : des piliers en béton brut, sculptés en courbes inverses, soulèvent les masses habitables à plusieurs mètres du sol. En dessous, un espace résiduel, ni dedans ni dehors, que la végétation herbeuse commence à revendiquer.

Béton et brique : une tension matérielle

La structure porteuse est entièrement en béton, coulé grossièrement, portant les traces de coffrages en bois et les efflorescences du temps. Les volumes habitables, eux, sont en brique apparente, rouge sombre, posée avec une précision presque industrielle. Ce dialogue entre deux logiques — la masse brute et l’assemblage modulaire — donne au projet une densité visuelle rare. Les porte-à-faux s’étendent avec une assurance mécanique, ignorant toute tentation décorative.

L’expérience du seuil suspendu

Habiter ici, c’est vivre au-dessus du sol sans jamais le quitter tout à fait. Les ouvertures sont rares, carrées, découpées sans ménagement dans la brique. La lumière entre par fragments. L’atmosphère voilée du ciel renforce la densité de l’ensemble : aucune brillance, aucun reflet, seulement la matière et sa résistance au temps.

La forme juste n’orne pas. Elle tient.

Publié le 19 octobre 2026