Maisons dans la masse
Des silhouettes domestiques en brique rouge surgissent d'une enveloppe blanche, comme des mémoires bâties prises dans un seul geste.
La brique chauffe sous la lumière. Ses tons ocre et roux absorbent le soleil rasant, révélant la texture granuleuse de chaque assise. Autour d’elle, le blanc s’impose — net, lisse, encadrant — comme une main qui tiendrait plusieurs petites maisons sans les écraser.
La figure de la maison
Le projet s’empare d’un archétype : le pignon, la façade percée, la toiture à deux pentes. Ces formes appartiennent à la mémoire collective du bâti, à une idée presque enfantine de ce qu’est une maison. Répétées, légèrement décalées, elles créent un rythme syncopé que l’œil parcourt de volume en volume.
L’archétype, lorsqu’on l’assume pleinement, cesse d’être une citation pour devenir une structure.
Matière et cadre
La composition repose sur la tension entre deux langages. La brique dit l’âge, la chaleur, l’artisanat du joint ; le béton blanc dit la précision, la coupe franche, l’abstraction. L’un n’annule pas l’autre. Les fenêtres à cadre sombre ponctuent chaque volume avec une régularité qui rappelle le dessin technique plus que la décoration. L’ensemble tient à cet équilibre — ni nostalgique, ni indifférent au passé.